En temps normal, la tâche pastorale est souvent ingrate… La tâche pastorale est semblable à un homme qui sorti pour semer… On sème, on met du temps, on investit beaucoup d’énergie mais on ne voit pas  nécessairement les fruits tout de suite… ou parfois même jamais.

Les gens ne voient pas les sacrifices, les heures à répondre aux urgences, les plans qui doivent changer à la dernière minute ou les pensées qui viennent à tout moment du jour et de la nuit à s’inquiéter de la santé physique et spirituelle des uns et des autres. Le pasteur n’est jamais vraiment à OFF.

Les pasteurs ont rarement quelqu’un pour leur dire : tu fais un bon travail ou encore même « Merci ». Quand il y a une rétroaction c’est plus souvent pour quelque chose de négatif ou l’annonce de quelqu’un qui quitte l’Église. Je lisais dans un article que les pasteurs ont plus de chances de souffrir d’une forme de stress post-traumatique que les soldats. Ce n’est pas ici pour minimiser ce que les soldats vivent, l’horreur des choses qu’ils voient et expérimentent est terrible. C’est néanmoins pour noter que ce genre de stress destructeur est une réalité du ministère pastoral au 21ème siècle. Le poids de la pandémie a été une dure réalité pour beaucoup de pasteurs.

Vos pasteurs cumulent plusieurs rôles. Les pasteurs, sous plusieurs aspects, sont des travailleurs sociaux qui voient des familles déchirées, de la violence conjugale ou parentale, des horreurs que personne ne devrait voir et encore moins vivre. Ils sont des conseillers conjugaux qui prennent souvent personnel les échecs à aider des couples qui décident de ne pas continuer ensemble. Ils sont des gestionnaires qui doivent souvent travailler avec le stress de budgets où les dépenses sont plus grandes que les revenus… ils ont le stress de ne pas toujours savoir si la prochaine paie sera là ou sera complète. Les pasteurs sont des enseignants qui doivent produire une nouvelle conférence avec du nouveau contenu à toutes les semaines.

Mais avec la pandémie, beaucoup de pasteurs ont décidé de quitter le ministère. « Pourquoi seraient-ils plus stressés, ils sont payés à rien faire !? ». Cette phrase est injuste, tout comme cette autre phrase « Ça doit être facile, ton père d’être pasteur ! Il a juste à travailler le dimanche ! ».  Du jour au lendemain, les pasteurs se sont fait confiner. L’Église ne peut pas se réunir, ni les petits groupes, ni les visites pastorales. Dans plusieurs cas, ce ne sont pas même les gens de l’église qui mettent cette pression sur les pasteurs. Les pasteurs sont bien capables de se mettre une pression sur eux-mêmes et de s’imaginer les attentes des gens.

Les pasteurs, du jour au lendemain, ont dû s’improviser vidéaste, enseignant devant des caméras sans public. Pour le faire depuis des années, je peux vous dire que ce n’est pas facile de parler dans le vide, sans la rétroaction des gens devant vous.

Pour les implanteurs d’églises, la situation est peut-être encore plus accentuée. Comment créer du momentum quand on ne peut rien faire ? On leur demande de mettre un break à leur passion, leurs rêves, leurs idées… Comment rejoindre les gens avec l’amour de Jésus en confinement ? Les implanteurs rongent leur frein et comme beaucoup se demandent ce qu’il restera de l’Église ou de l’implantation à la fin de la pandémie.

 

 

Quelqu’un me partageait qu’il prend le soin de remercier le prédicateur dans son église. Dans la réalité, les pasteurs ont encore moins de rétroaction face à leur message. Ils doivent y mettre le double ou le triple du temps pour l’impression de prêcher dans le vide… ou que les gens de leurs églises se connecteront à des prédicateurs d’autres églises qui sont plus habiles ou ont une meilleure équipe technique. La force de la majorité des églises évangéliques n’est pas la qualité de leur technique, de leurs musiciens ou pas même le charisme du prédicateur. La force de l’église évangélique est d’offrir une famille, un sens de communauté, un sentiment d’appartenance.

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